04 mars 2008
Le printemps de mes poètes : Arthur Rimbaud ... l'enfant terrible de la poésie ...
S e n s a t i o n s
Par les soirs bleus d'été, j'irai dans les sentiers
Picoté par les blés, fouler l'herbe menue :
Rêveur, j'en sentirai la fraîcheur à mes pieds.
Je laisserai le vent baigner ma tête nue.
Je ne parlerai pas, je ne penserai rien :
Mais l'amour infini me montera dans l'âme,
Et j'irai loin, bien loin, comme un bohémien,
Par la Nature, heureux comme avec une femme.

Champ de blé avec Cyprès de Vincent Van Gogh
Le 24 mai 1870, Rimbaud écrivait à Banville (un de ses professeur) "Nous sommes au mois d'amour; j'ai dix-sept ans. L'âge des espérances et des chimères, comme on dit, et voici que je me suis mis, enfant touché par le doigt de la Muse - pardon si c'est banal - à dire mes bonnes croyances, mes sensations, toutes ces choses des poètes, moi j'appelle cela du printemps".
Rimbaud joignait à sa lettre trois poèmes : Sensation, Credo in unam qui deviendra Soleil et Chair ainsi qu'Ophélie.
Sensation est avec Le Dormeur du Val un de mes poèmes préférés de Rimbaud.
16 août 2007
Ma vie de geisha ... de Mineko Iwasaki au quartier de Gion à Kyoto

"Chez nous, nous n'employons pas le mot geisha mais celui, plus précis, de geiko, qui signifie femme qui excelle dans les arts". On a dit de Mineko Iwasaki qu'elle était la plus grande geisha de sa génération. Sa biographie que j'ai "dévorée", avant de tomber sous le charme du Japon et surtout de Kyoto, lève le voile sur le mystère qui plane autour de la vie des geishas.
Rob Marshall s'est largement et librement inspiré de cet ouvrage pour réaliser le film "Mémoire d'une geisha", sur fond de polémique avec Mineko Iwasaki ...
" Mère Sakaguchi fit son apparition à neuf heures tapantes pour la séance de maquillage ... elle se chargea elle-même d'enduire mon visage, mon cou et la naissance de mon dos de bintsuke-abura, une crème à l'huile, puis, au pinceau, de fond de teint blanc, laissant voir sur la nuque la peau nue à travers trois pointes effilées, effet décoratif visant à mettre en valeur la gracilité et la longueur du cou ..."

Geisha croisée à Kyoto dans le quartier de Gion en juillet 2007
28 septembre 2006
Hiromi Kawakami - Les Années Douces
Hiromi Kawakami (née à Tokyo en 1958) dévoile au long des Annés Douces la relation d'un enseignant à la retraite, "le maître", avec Tsukiko, une de ses anciennes élèves prôche de la quarantaine. A travers les anecdotes de la vie quotidienne, c'est toute la complexité de ces deux personnages qui nous apparaît. De la cueillette des champignons aux poussins achetés au marché, de la fête des fleurs à la saison des pluies, les liens qui unissent le maître et Tsukiko se tissent au fil de la lecture, jusqu'à l'absence ...
Ce livre qui se déguste aussi délicatement que des wagashi (pâtisseries japonaises servies notamment lors de la cérémonie du thé) car il est écrit avec une subtile douceur, regorge de détails sur le quotidien de la vie japonaise. Un roman qu'on a du mal à quitter, tant il offre des moments de bonheur éphémères et impalpables.
31 août 2006
Haruki Murakami "Les amants du Spoutnik"
K., un jeune homme effacé et peu confiant en lui même, est amoureux de Sumire, mais celle-ci n'a que deux passions : la littérature et Miu, une mystérieuse femme mariée. Au sein de ce triangle amoureux, chaque amant est un satellite autonome et triste, et gravite sur l'orbite de la solitude. Jusqu'au jour où Sumire disparaît ... L'histoire bascule alors dans l'univers fantastique, propre à l'auteur, qui explore une fois encore le mystère insondable de l'amour.
"C'est à ce moment-là que j'ai compris. Compris que nous étions de merveilleuses compagnes de voyage l'une pour l'autre, mais en fait à la façon de blocs de métal solitaires, qui suivent chacun leur trajectoire. Vu de loin, ça paraît aussi beau qu'une étoile filante ; seulement, dans la réalité, nous ne sommes que des prisonniers, enfermés dans nos habitacles de métal respectifs, incapables d'aller où que ce soit. De temps en temps, les orbites de nos satellites se croisent, et nous parvenons enfin à nous rencontrer. Nos coeurs réussissent peut-être même à se toucher. Mais juste un très bref instant. Sitôt après, nous connaissons de nouveau une solitude absolue. Jusqu'à ce que nous nous consumions et soyons réduits à néant."




