29 février 2008
Le doran ... ou le maquillage de la geisha ...
Le doran, maquillage japonais traditionnel, tend à effacer le visage singulier, à dissimuler le visage en le recouvrant de blanc, à gommer toute particularité.
La geisha, ainsi maquillée de blanc, ne cherche pas à masquer ses défauts, à sembler plus jeune où à ressembler à un modèle de perfection ; elle tend à s'identifier non à un idéal de femme, mais au contraire, à une idée abstraite, à une forme générique, à un archétype essentiel.
photo de Kimiko Yoshida, photographe japonaise
Cet esthétique de l'effacement manifeste une sensualité fugace, impersonnelle et cultivée.
photo de Kimiko Yoshida
La culture japonaise cherche, à travers le doran de la geisha, à exprimer cet élan vers l'inatteint, l'indéterminé, l'immatériel.
photo de Kimiko Yoshida

La courbe du cou, dont la peau n'est pas peinte, inspire la volupté.
source Kimiko Yoshida
27 février 2008
Les ohanas de la geisha ... ou les honoraires des fleurs ...
Les geishas rencontrent leurs clients dans différents lieux et circonstances : banquets, restaurants (ryotei) et maisons de thé (ochaya).
Tous les rendez-vous (zashiki) sont rétribués ; les rencontres avec les geishas sont très onéreuses.
Sur leurs gains, appelés ohanas (honoraires des fleurs), une partie est gardée par la maison de thé où elles ont travaillé, elles versent également une part à l'okiya qui tient leurs comptes et leurs emploi du temps. Elles récupèrent environ la moitié de leurs gains.
La geisha a souvent un danna, un client qui subvient à ses besoins, mais elle continue de travailler afin de conserver son indépendance. Les geishas les plus expérimentées continuent de prendre des cours ; l'âge moyen d'une geisha est de quarante ans.
Quand la geisha décide de se marier, quelques fois avec un un client, elle quitte le métier. Il n'est pas rare pour une geisha de devenir l'épouse d'un homme politique ou d'une personnalité.

Plus de photos dans l'album ...
De l'okiya à l'école des geishas ...
24 février 2008
De l'okiya à l'école des geishas ...
On situe le début des geishas au XVIIème siècle à Edo (aujourd'hui Tokyo).
Elles étaient alors danseuses et musiciennes, participaient à des banquets où leur éducation et leur raffinement étaient très appréciés.
En 1700, un décret shogunal voulut réglementer cette profession et obliger les geishas à résider dans des quartiers réservés. Devant ce regroupement forcé avec des prostituées, certaines décidèrent de quitter leur maison (l'okiya, établissement qui les formait). Elles se regroupèrent alors en écoles. Les geishas étaient considérées comme exerçant une profession bien définie, distincte de celle des courtisanes.
A cette époque, on entrait dans une école d'apprentissage de geisha dès l'âge de 3 ans et 3 jours. Ces apprenties, les maikos, étaient pour certaines vendues par des familles pauvres à des okiyas qui se chargeaient de faire leur éducation. D'autres, provenaient de familles nobles.
De nos jours, pour entrer dans une maison de geisha, il faut avoir 15 ans révolus et avoir suivi une scolarité obligatoire.
Une maiko doit être douée pour les arts. Plutôt que la beauté, sont privilégiées les aptitudes artistiques et les qualités morales.
Quand elle choisit de devenir geisha, la jeune fille quitte sa famille et vient s'installer dans l'okiya où vivent les geishas et les maikos sous la direction d'une mère (mama san) qui paye leur formation et subvient à leurs besoins.
Tous les matins, la maiko se rend à l'école des geishas. Sa formation durera 3 ans pendant lesquels elle devra apprendre l'art de la toilette, du maquillage, de la coiffure, de la danse, du chant, de la musique, de la poésie, de l'ikébana, de la calligraphie, de la cérémonie du thé ainsi que l'art de la conversation.

J'ai pris ces photos dans le quartier de Gion à Kyoto, l'école se trouve en haut de cette rue




à suivre ...
27 novembre 2007
Furtives geishas ... photo montage
Difficiles à photographier, elles se faufilent à pas rapides dans les rues de Gion pour se rendre dans d'honorables maisons de thé où les attendent de riches clients.
Contrairement à ce qu'en pensent la majorité des occidentaux, la geisha est une "personne de l'art" (du japonais "gei" culture et "sha" personne) qui doit savoir, par sa culture, animer une réunion ou un dîner pour plusieurs invités et elle participe activement aux moments de plaisir que sont les banquets en apportant les éléments artistiques et esthétiques les plus raffinés.
Elle fait partie, avec tout le respect que cela entraîne, de l'univers culturel nippon.
La véritable geisha, parce qu'elle pratique les "Arts Elevés", jouit ainsi d'autant de prestige et d'admiration qu'il en est accordé aux sumos.




















