03 avril 2008
Le temps de vivre ... un luxe, comme un cadeau du ciel ...
"Je bois mon thé, je mange mon riz. Je passe le temps comme il vient, admirant le torrent qui coule plus bas et regardant là-haut les montagnes. Ah que de liberté et de paix!"
Un taoïste
"Quand, d'aventure, l'envie m'en prend, je vais puiser l'eau limpide de la rivière et je prépare mon repas. L'eau qui coule, goutte à goutte, me ravit et, en face de mon simple bûcher, je me sens d'une humeur excellente."
Bashô, Journaux de voyage
Je vous remercie de vos visites et je suis désolée de ne pas passer trop souvent sur les blogs en ce moment ... le temps me manque terriblement, mais je vous promets de vous rendre visite très bientôt !
28 mars 2008
L'amour des fleurs ... prélude à la voie des fleurs d'Okakura
"Pour ce qui est de l'humanité, à l'évidence, la poésie amoureuse a dû naître en même temps que l'amour des fleurs. Comment mieux décrire, en effet, l'épanouissement d'une âme virginale qu'en la comparant à une fleur, si douce dans son inconscience, parfumée parce que silencieuse?
En offrant la première guirlande de fleurs à sa compagne, l'homme primitif a transcendé la brute. Par ce geste qui l'élevait au-dessus des nécessités grossières de la nature, il est devenu humain. En percevant l'usage subtil de l'inutile, il est entré dans le royaume de l'art.
Dans la joie ou dans la tristesse, les fleurs sont nos amies fidèles. Nous mangeons, nous buvons, nous chantons, nous dansons, nous flirtons en leur compagnie. Nous nous marions et nous baptisons avec des fleurs. Et nous n'oserions mourir sans elles.
Nous avons célébré les dieux avec le lys, médité avec le lotus, chargé sur les champs de bataille avec la rose et le chrysanthème. Nous avons même essayé de parler la langue des fleurs.
Comment pourrions-nous vivre sans elles? N'est-il pas effrayant d'imaginer un monde veuf de leur présence! Quelle consolation n'apportent-elles pas au chevet du malade, quelle lumière sanctifiante aux ténèbres des esprits épuisés?
Leur sereine tendresse restaure notre confiance chancelante en l'univers, tout comme le regard vif d'un bel enfant ressuscite nos espérances perdues. Quand nous gisons dans la poussière, les fleurs s'attardent éplorées sur nos tombes ..."
Kakuzô OKAKURA "Le Livre du thé"
20 mars 2008
L'Ohanami ... l'arrivée du printemps sous une pluie de pétales de cerisiers (sakura)
Chaque année, au printemps, les japonais fêtent l'Ohanami (Vision des Fleurs) et ce depuis l'époque Heian (794-1185).
Cette tradition est un évènement national crucial ; tout le monde, dans toutes les couches de la société, participe intensément à la floraison des cerisiers (sakura).
Pendant quelques jours, tous les médias annoncent le front de floraison des cerisiers, du nord au sud, le sakura zen zen qui marque la fin de l'hiver. Le phénomène suscite espoirs, attente et contemplation tant il est éphémère. En effet, les fleurs de cerisiers tombent au bout de quelques jours, recouvrant le Japon d'une pluie de pétales (sakura fubuki) qui transforme le pays en une sorte de paradis retrouvé.
Dans le bouddhisme, la fleur de cerisier est le symbole de l'impermanence de toute chose. C'est l'emblème de l'empereur du Japon, mais aussi celui des samouraï et des kamikaze dont la vie était aussi éphémère que la floraison des cerisiers.
La floraison des cerisiers a de tout temps inspiré les artistes japonais ; l'empreinte culturelle est présente dans la littérature, les mangas, la peinture, le théâtre ...
La fleur de cerisier est aussi largement représentée de manières diverses sur les kimonos, la vaisselle, la papeterie ...
Il existe de très nombreuses variétés de cerisiers du Japon, allant de ceux à la fleur blanche à peine teintée de rose au rose foncé. Variété très spectaculaire, le cerisier pleureur possède des branches qui tombent en cascades de fleurs roses.
Je vous souhaite de passer un excellent week-end de Pâques, plein de douceur printanière et de sérénité !
La première et les quatre dernières photos sont de moi, prises à Menton cette semaine. Pour les autres, à part les cartes postales anciennes et les objets, elles proviennent d'un site touristique sur le Japon, en attendant d'assister à cette magnifique fête du printemps nippon qu'est l'Ohanami ... j'en rêve ...
07 mars 2008
Elections et condition féminine ... tout un programme !!!
Depuis la Constitution de 1946, le Japon est une monarchie constitutionnelle, avec un parlementarisme à l'anglaise (parlement bicaméral) et une administration locale qui rappelle celle des Etat-Unis.
L'empereur n'a aucun pouvoir politique si ce n'est de nommer, où plutôt de ratifier le choix du premier ministre et du président de la cour suprême.
Ce n'est bien entendu pas l'empereur Hakihito, mais son père et prédécesseur, Hirohito
Au niveau local, le pays est divisé en ken (départements) regroupés au sein de provinces. Les communes ne dépendent pas complètement des départements et ont un certain nombre de droits.
Les gouverneurs, préfets et maires sont élus au suffrage universel pour 4 ans et représentent à la fois les intérêts de l'Etat et ceux des collectivités locales. Ils sont soumis juridiquement au ministère de tutelle, mais le suffrage direct des collectivités leur assure un poids important.
J'ai pris ces photos dans les rues de Kyoto en juillet 2007 lors de la campagne pour les élections sénatoriales
Les femmes, qui ont obtenu le droit de vote en 1945, sont très peu présentes au niveau politique, si ce n'est dans les institutions locales.
Le Japon n'occupe que le 98ème rang mondial dans le classement des femmes parlementaires ; lors des élections sénatoriales de juillet 2007, seulement 17,4 % de femmes ont été élues.
Selon un rapport gouvernemental nippon, les femmes demeurent également sous-représentées au sein de la société civile et des entreprises ; la notion de "femme au foyer" (shufu en japonais) reste enracinée dans les moeurs.
Les jeunes japonaises font des études avec un taux de réussite supérieur à celui des garçons, mais elles sont souvent cantonnées dans des rôles de figurantes dans le milieu du travail. Bien que représentant environ 40% de la population active, leur salaire est généralement de 50% inférieur à celui des hommes. La société du travail japonais est pensée par et pour les hommes. De plus, elles sont totalement exclues de certains concours de recrutement, le journalisme de presse leur étant, par tradition, interdit. Autant dire que les lois sur l'égalité au poste de travail votées en 1986 sont généralement ignorées des chefs d'entreprises, la peur du chômage étant suffisamment forte au Japon pour permettre tous les abus.
La société japonaise, à la base profondément machiste, place les femmes sous la tutelle de leur père, puis de leur mari et enfin de leurs enfants (les mariages arrangés sont encore fréquents au Japon).
Bien que toutes puissantes au sein de leur foyer, les femmes ont du mal à faire accepter aux hommes, bien peu libéraux, leur refus de maternité et leur désir de s'occuper de leur propre carrière.
Le moyen de contraception le plus utilisé au Japon est le préservatif (80%), la pilule étant essentiellement utilisée à des fins thérapeutiques. L'avortement et très onéreux et n'est pas remboursé ; l'accouchement non plus d'ailleurs.
La société japonaise est en plein bouleversement, et l'enjeu de l'équilibre entre les figures masculines et féminines est très important ; les jeunes filles désirant s'épanouir dans leur travail, mais sans payer le prix fort en renonçant à leur féminité.
21 février 2008
Wabi-sabi ... une apparente simplicité, rien de plus, rien de moins ...
Le wabi-sabi est une philosophie de vie apparue au Japon au XIIème siècle.
Ses enseignements suggèrent le retour à une simplicité, une sobriété paisible pouvant influencer positivement l'existence.
Wabi-sabi permet de connaître et ressentir la beauté des choses imparfaites, éphémères et modestes.
"Wabi-sabi signifie se consacrer à l'essentiel, être pleinement soi ... rien de plus, rien de moins. Le critère d'appréciation ne réside pas dans le jugement des autres, il est fondé sur notre propre personnalité, donc ce qui nous rend singulier et unique" Christopher Weidner - "Trouver le bonheur au delà de l'imperfection".
Le wabi exprime l'humble beauté du dépouillement, l'aspiration à l'authenticité et à l'austérité des formes, des couleurs, des matières, du comportement humain.
On parle souvent de wabi pour qualifier une petite cabane toute simple nichée entre les arbres. C'est la beauté de ce qui évoque une forme de transcendance.
Le sabi quant à lui, résume la beauté et la sérénité qui émanent de la désolation, du déclin et du dépérissement dus au passage du temps.
30 novembre 2007
La cérémonie du thé ...

"L'idéal du thé est l'aboutissement même de la conception zen : la grandeur réside dans les plus menus faits de la vie ..." Kakuzô OKAKURA (Le livre du thé)
16 novembre 2007
Le beaujolais nouveau est arrivé ... au Japon
Vous avez dû le voir à la télé ou en entendre parler ... mais je n'ai pas pu résister, ils ont vraiment l'air d'apprécier la cuvée 2007 !!
Le bain collectif est une institution au Japon. La seule question que je me pose, sachant que la température de l'eau d'un bain japonais est de 40° C, quelle était donc la température de ce divin nectar ???
Pour que le plaisir soit total, une petite vidéo, c'est par ICI ! Ils sont vraiment fous, ces japonais !!!

22 septembre 2007
Fugu ... un pois(s)on mortel ...
Le fugu, appelé également poisson lune, est un mêt luxueux très prisé des japonais qui le mangent en sashimi ou en fondue.
La particularité et aussi de l'attrait de ce poisson viennent de sa toxicité contre laquelle il n'existe apparemment pas d'antidote. En effet le foie, les ovaires et les intestins du fugu contiennent une neurotoxine qui provoque une paralysie foudroyante des systèmes respiratoires et nerveux. Chaque année, des dizaines de personnes décèdent après s'être régalés de ce mêt divin ...
La préparation du fugu est un art particulier nécessitant une formation validée par le ministère de la Santé.

Enseignes de restaurants spécialisés dans les rues d'Osaka
20 septembre 2007
Pommes d'amour ... made in Japan
Pour la petite histoire (cf. Wikipédia) à l'époque élisabéthaine, la pomme d'amour était une petite pomme pelée gardée par une femme sous son aisselle et qui était présentée à son soupirant, pleine de son odeur ...
Un excellent test pour savoir si l'amoureux était sincère !
12 septembre 2007
L'ombrelle du voyageur ...
Clic pour voir la photo dans fotocommunity
"Tant que les gens voyageront encore dans de lointains villages retirés où ils trouveront une petite chambre pour passer la nuit, tant qu'ils auront plaisir à se contenter de transports en commun et des vendeurs des quatre saisons, ils trouveront du réconfort dans de petites choses."
Alexandra David-Néel (Lampe de sagesse)

























































